06.05.2008

Affaire Chantal Sébire : le procureur n'envisage pas d'information judiciaire

1732680959.3.jpgDIJON (AFP) - Lundi 5 Mai 2008 - Le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Alacchi, a souligné lundi qu'il n'envisageait "nullement à ce stade d'ouvrir une information judiciaire" dans l'affaire Chantal Sébire, retrouvée morte à son domicile le 19 mars.

"L'enquête est loin de permettre cette ouverture d'information", a déclaré à l'AFP M. Alacchi, soulignant que "la première phase de l'enquête, qui consiste à porter officiellement à la connaissance de la famille le résultat de l'autopsie et des analyses biologiques, n'était pas à ce jour terminée".

Rappelant que "l'aspect humain du dossier restait une de ses préoccupations majeures", le procureur précise qu'"à l'issue de cette première phase, il réexaminera les éléments de l'enquête pour apprécier l'opportunité d'ouvrir une enquête préliminaire pour rechercher les conditions dans lesquelles Chantal Sébire a pu se procurer le produit qu'elle a utilisé pour mettre fin à ses jours".

Chantal Sébire, une mère de famille de 52 ans atteinte d'une tumeur incurable au visage, avait été retrouvée morte à son domicile de Plombières (Côte-d'Or) le 19 mars, après avoir absorbé une "dose mortelle" de barbiturique, accréditant la thèse d'un suicide.

Les semaines précédant sa mort Chantal Sébire qui souffrait depuis plusieurs années d'une tumeur incurable qui lui déformait cruellement le visage, avait sollicité en vain de la justice le droit d'être euthanasiée. Conformément à la législation en vigueur, la justice avait rejeté le 17 mars sa requête. Deux jours après son corps sans vie était retrouvé à son domicile de Plombières-les-Dijon.

Le cas de Chantal Sébire a semé le trouble et suscité un débat intense en France, incitant le gouvernement à demander une évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2005, qui instaure le droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active.

02.04.2008

Chantal et les Pilates : Texte de Gérard Lenne, délégué du 10ème ardt de Paris

2093874916.jpgLe cas de Chantal Sébire est en tout point exemplaire. Voici une femme qui a voulu faire de sa mort un symbole, qui a bravé toutes les hypocrisies. Bien sûr, elle aurait pu faire le voyage en Suisse, le même que faisaient jadis celles qui, hors la loi, avaient décidé d’avorter. Tous les Ponce Pilate en eussent été ravis, l’institution judiciaire autant que le corps médical, la Garde des Sceaux comme le Président de la République.

Chantal Sébire a refusé cette facilité. Elle est allée devant la justice de son pays, sans illusions certes. Quel juge placé dans cette situation n’eût été soulagé de pouvoir y répondre par l’inévitable et fameuse esquive : « Je n’y peux rien, je ne peux qu’appliquer la loi ».

Discours repris par une Rachida Dati impatiente de s’en laver les mains elle aussi, et entériné par un Président qu’on avait connu plus audacieux en temps de campagne électorale. Il avait tenu alors un autre discours, mais s’était vite ravisé sous l’influence d’une « rivale ralliée », bigote de grande envergure qu’il s’agissait alors de ne pas contrarier et qui, aujourd'hui ministre, se répand en insultes ad hominem dès qu’on prononce le mot tabou : euthanasie.

Ce qui s’est passé aujourd'hui est assez ignoble. On a rejeté Chantal Sébire, on a refusé de l’écouter, on s’en est lavé les mains ! Mais la mort, ça ébranle un peu, tout de même. Et puis l’opinion publique en a été touchée, et il ne faut pas fâcher l’opinion publique. Alors, les mêmes qui, hier, ne manifestaient qu’une froide insensibilité, tournent en partie leur veste. La loi Léonetti, parfaite hier aux yeux de Madame Dati, devrait ce matin être « aménagée ». Le chœur des hypocrites lui emboîte le pas. On annonce à l’Elysée la création d’une commission dont les conclusions, demain, seront aussi vite bafouées, sans doute, que celles de la commission Attali.

Cela signifie-t-il que notre pays si avancé, demain, ne sera plus en retard sur la Belgique ou sur la Suisse ? On peut en rêver mais quand on sait que même la très insuffisante loi Léonetti est encore loin d’être appliquée, on peut également en douter.

C’est pourquoi le sacrifice de Chantal Sébire prend tout son sens. En accord avec ses proches et avec son médecin, elle a défié l’institution judiciaire qui cherche en vain des preuves, des indices, mais ne trouve et ne trouvera rien. Car en l’état actuel de notre législation, quiconque l’aurait aidée, quiconque lui aurait porté secours, serait demain sur les bancs des tribunaux. Elle n’a pas voulu cela, elle a mis les « autorités » au pied du mur, elle les a vaincues.

Ce faisant, elle a souligné d’une manière aveuglante les lacunes de notre système. Une loi boiteuse, un corps médical majoritairement conservateur, des groupes de pression religieux, un personnel politique réticent à tout engagement grave… Et tout cela continue de fonctionner tant bien que mal. Sauf quand survient hier un Vincent Humbert, aujourd'hui une Chantal Sébire. Alors, il va devenir impossible de s’en laver les mains avec des discours lénifiants. Un Nicolas Sarkozy, qui a réagi exactement à l’instar d’un Jacques Chirac, ni plus ni moins, va être contraint de prendre parti, et après lui le législateur. Ils auront des comptes à nous rendre. Ils devront enfin adopter, ce qui leur fait horreur, une position claire. Alors, nous saurons que nous le devrons en grande partie à Chantal Sébire et à ses compagnons d’infortune.

Gérard Lenne

Délégué 10ème ardt

01.04.2008

Gilles Antonowicz invité de France Inter dans l'émision "Le téléphone sonne" de 19H20 à 20h00. Télé Star demande un débat sur l'euthanasie

1516808698.JPGGilles Antonowicz, vice-président de l'ADMD, sera l'invité de l'émission "Le téléphone sonne" animé par Alain Bédouet sur France Inter, ce mardi de 19h20 à 20h00, avec le docteur Régis Aubry.
Le magazine de télévision Télé Star appel, dans son édition du 31 mars, à un grand débat télévisé et contradictoire sur la question de l'euthanasie et appelle ses lecteurs à renvoyer un coupon réponse à Télé Star. Télé Star diffuse d'ailleurs un article suite au décès de Chantal Sébire avec l'interview du professeur Denys Pellerin et celle de Jean-Luc Romero.

Télécharger l'article de Télé Star au format pdf : Télé Star 31-03-08.pdf

31.03.2008

L'ADMD en direct sur le site Nouvel Obs.com

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Le mercredi 2 avril, de 15h00 à 16h30, le président de l'ADMD répondra en direct aux questions des internautes sur le site du Nouvel Obs. Dès à présent, vous pouvez vous enregistrer en cliquant ICI et lui poser vos questions.

29.03.2008

A lire dans L'Humanité du 29 mars 2008

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Selon Jean-Claude Ameisen, membre du Comité national d'éthique, l'exception d'euthanasie doit être pensée "non pas comme une alternative, mais comme un échec que l'on voudra toujours éviter."
Lire la réponse du président de l'ADMD dans L'humanité des débats (pages 10 et 11), rappelant notre attachement à une loi de liberté qui offre au patient la parfaite maîtrise de sa fin de vie.

26.03.2008

Jean-Luc Romero sur France 5 à l'occasion de l'émission "Revu et corrigé" sur l'euthanasie (extrait)



Retrouvez le sondage de l'IFOP/Paris Match  sur l'euthanasie réalisé les 20 et 21 Mars 2008, qui indique que 9 français sur 10 se disent très ou plutôt favorables à l'euthanasie active. http://info.france2.fr/france/41415936-fr.php

25.03.2008

Lettre ouverte d'un adhérent à Gaëtan Gorce

1493487126.jpgMonsieur le Député,
 
J’ai lu avec un très grand intérêt votre contribution dans le Monde du 19 mars, au débat sur l’euthanasie, ouvert à la suite de la requête présentée par Chantal Sébire.
 
La vie m’a été léguée par mes parents. Un don de vie qui est aussi un don de mort, car je n’ai heureusement pas vocation à l’immortalité. La finitude marque mon destin. Je vais prochainement transmettre à mes enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants un héritage matériel et immatériel, qu’ils ne porteront pleinement qu’après ma mort, qui fait donc partie de ma vie.
 
Je revendique en conséquence le droit inaliénable de maîtriser le fil de mon existence.
 
Je respecte profondément ceux qui refusent, par conviction religieuse ou philosophique, toute action volontaire pour infléchir le fil des évènements qui marquent douloureusement beaucoup de fins de vie. Je leur demande en retour d’entendre mon choix, sans exercer des contraintes juridiques ou morales qui limiteraient ma liberté.
 
Ma demande est celle du libre choix de clore ma vie. Elle ne s’adresse ni au médecin, ni au juge. Elle concerne le législateur auquel je demande instamment de préserver ce droit, car la loi à une vertu inégalable dans la défense de la liberté du faible et du malade contre le pouvoir des puissants et des clercs.
 
Je ne demande donc ni un acte de soin, ni un acte médical : j’espère seulement un accompagnement respectueux et affectueux et la mise à disposition de moyens et de protocoles qui me permettront d’exercer dignement cette ultime décision.
 
Je me réjouis grandement, Monsieur le Député, de votre constat sur la nécessité de faire évoluer la loi Léonetti.
 
J’exprime toutefois mon total désaccord de devoir remettre un jour, entre les mains d’une « Haute Autorité Morale », le pouvoir d’arrêter ma vie qui ne peut être que ma décision, dont j’admets sans réserve qu’elle s’inscrive dans le fil d’une démarche rigoureusement encadrée.
 
Je revendique publiquement cette capacité pour moi. Tant que je suis lucide, je refuse de déléguer quelque décision que ce soit sur ma vie. Le médecin propose, je dispose. Je délie ainsi totalement de leur responsabilité médecins et soignants qui ne doivent pas avoir sur leur conscience la charge très lourde de trancher pour un autre. Cette volonté est consignée dans une déclaration écrite de ma main au cas où j’aurais perdu conscience.
 
Je revendique donc le droit de mourir dans la dignité quand je le voudrai, et surtout la liberté absolue de ne plus vouloir vivre, un jour que j’espère lointain, car j’aime trop la vie.
 
Recevez, Monsieur le Député, l’expression de ma considération.
 
 
Daniel Carré
Adhérent ADMD
75 ans

24.03.2008

Chat sur liberation.fr, mardi 25 mars

1682822859.jpgJean-Luc Romero, président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, sera en direct mardi 25 mars sur le site du quotidien Libération pour répondre à un chat sur le thème "Faut-il légaliser l'euthanasie ?", entre 11h30 et 12h00.

Posez dès à présent vos questions en cliquant ici.

22.03.2008

Dernière minute

745913191.jpgJean-Luc Romero, sera samedi, l’un des invités de Paul Amar dans l'émission en direct "Revu et corrigé" sur France 5 à partir de 19h00.
Cette émission passera en revue l’actualité de la semaine, du décès de Chantal Sébire au grand débat qui s'est ouvert sur l'euthanasie.
L’émission sera rediffusée dimanche à 13h15.

20.03.2008

L'ADMD dans les médias

654408101.jpg- Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, sera l’invité de l’émission «Ligne Directe» sur France 3 Ile-de-France ce jeudi soir de 18h40 à 19 heures. Il répondra aux questions de Pierre Lacombe sur le thème : «Euthanasie : doit-on accorder le droit de mourir ?» Cette émission a un blog que vous pouvez retrouver en cliquant ici et que si cette émission concerne l’antenne Ile-de-France de France 3, elle peut être vue sur tout le territoire national chez certains opérateurs comme Free notamment. Vous pouvez poser vos questions sur le blog et sur le site de France 3 en cliquant ici.

- Gilles Antonowicz, avocat de Chantal Sébire, vice-président de l'AMD, sera l'invité de l'émission "C dans l'Air" sur France 5, ce jeudi de 17h45 à 19h. Cette émission sera rediffusé sur la TNT à 22h30.

- Paul Pierra, participera à l'édition nationale sur France 3 ce soir de 19H30 à 20h00.

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