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07.05.2008
Lettre de Jean-Luc Romero à François Fillon sur la mission d'évaluation de la Loi Léonetti
Paris, le 7 mai 2008
Monsieur le Premier Ministre,
Vous avez récemment confié au docteur Jean Léonetti, député des Alpes-Maritimes, une mission d’évaluation de la loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. En effet, depuis plus de 20 ans, les Français se déclarent majoritairement favorables à une loi permettant, sous certaines conditions, une aide active à mourir. Le cas récent de Chantal Sébire a révélé l’imperfection de notre dispositif législatif actuel.
Je crains fort, monsieur le Premier ministre, que les membres de cette mission se contentent, comme déjà en 2005, de n’auditionner que les seuls partisans du maintien de la loi actuelle. En effet, interrogé, le docteur Léonetti ne semble pas disposé à recevoir les représentants de l’ADMD, forte pourtant de près de 45 500 adhérents actifs.
Pensez-vous, monsieur le Premier ministre, que les Français se contenteront cette fois-ci de conclusions dont les travaux préparatoires auront été menés sans aucun pluralisme ? Ne croyez-vous pas que cette méthode jetterait un total discrédit sur le rapport qui sera rendu par cette mission ?
Aussi, monsieur le Premier ministre, j’en appelle à votre sagesse pour que, quel que soit le résultat de cette évaluation, il ne soit pas entaché d’un grave et indépassable vice de forme.
Je vous prie d’agréer, monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.
Jean-Luc Romero
Président de l'ADMD
Télécharger la lettre en format pdf : Lettre Fillon 07-05-08.pdf
14:35 Publié dans Matignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : admd, fin de vie, euthanasie, françois fillon, jean-luc romero





Commentaires
Je dénonce ici avec véhémence les méthodes des gouvernements depuis plus de 10 ans. Si les parlementaires et les administrations veulent recueillir des opinions sur un problème de société, la pèche aux experts est ouvertes, dans un vivier qui s'auto-désigne et s'auto légitimise. Notables de tous les bords, unissez-vous, pour éviter les débordements de la plèbe citoyenne.
Sur la mort dans la dignité, cela est caricatural. C'est une question qui nous concerne tous, chacun devant être libre de sa réponse. Or, on a de cesse que de faire parler des personnes, certes estimable, mais qui pour l'essentiel parlent doctement des autres, ou plus spécifiquement de la mort des autres, et pas de la leur ou de celle de leur compagnon ou de leur enfant ou de leur mère.
Notre lutte soulève de très graves problèmes de santé publiques. Ce sont des problèmes trop sérieux pour en déléguer la résolution aux sachants, aux soignants, aux philosophes, aux clercs. Certes, ceux-ci doivent éclairer nos jugement, mais le pouvoir doit demeurer celui des citoyens.
Je vais de ce pas prendre ma plume pour interpeler Jean Léonetti. Je vous exhorte tous d'en faire autant, comme viens de nous le demander Jean-Luc Romero.
Ecrit par : Daniel Carré | 07.05.2008
Cher Jean-Luc,
Vous avez raison de poser, pour nous, cette question au 1er Ministre !
Certes non, les français ne se contenteront pas comme en 2005, de conclusions dont les travaux préparatoires auront été menés sans aucun pluralisme par le docteur Léonetti.
Certes oui, cette méthode jetterait un TOTAL discrédit sur le rapport qui sera rendu par cette mission.
Mais est-il possible que notre Président de la République et notre 1er Ministre fassent preuve de sagesse et d’une vraie liberté de conscience ?
Vous avez mon soutien absolu comme vous pourrez le voir au fil des nouvelles informations que je publie sur ma page choc "La voix des trépassés, paroles de survivants" (http://www.abadennou.fr/euthanasie/voix_trepasses.html)
Je mets en ligne votre lettre à François Fillon, premier ministre.
Concernant la réponse courtoise que j'ai reçue le 30 avril 2008 de l’Elysée : « Ils essayent de calmer les gens qui bougent », je n’attends donc rien de la réponse du Chef de Cabinet du Président de la République !
C’est la raison pour laquelle j’ai aussitôt envoyé 2 e-mails à M. Sarkozy et à Madame Carla, dont l’un est publié sur mon site qui prend progressivement une tournure « politique » puisque j’y pose une question concernant la manière dont seraient influencés le Président Sarkozy et le Gouvernement par la rétrograde Ministre Christine Boutin, proche de l’Opus Dei, catholique d’extrême droite, anti-évolution ! Quelle est l'indépendance réelle du Gouvernement ?
En mon « âme et conscience » je ne peux accepter ce qu’ils ont osé faire subir à Chantal Sébire, surtout l’autopsie ! Elle avait déjà assez souffert ainsi que ses proches ! La seule chose qui pourrait m’apaiser, c’est une LOI de liberté !
Je continue heureusement de recevoir des messages lucides et affectueux que je publie sur ma page « Témoignages, compassion authentique ».
Amitiés.
Silviane
Ecrit par : SILVIANE LE MENN, QUIMPER, Finistère | 09.05.2008
En octobre 1981, un mois après l'adoption de la loi abolissant la peine de mort, 62% des Français se montraient favorables à la peine capitale. François Mitterrand a eu raison contre l'opinion. La démocratie d'opinion est un mauvais guide quand il s'agit de vie et de mort, car elle est sujette aux manipulations, aux modes et aux pressions.
Laissez donc, messieurs, Jean Leonetti travailler. Sa loi n'est pas connue et le récent rapport de Marie de Hennezel a de quoi faire dresser les cheveux sur nos têtes.
Ecrit par : euzoe | 09.05.2008
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