23.04.2008

Lettre d'adhérents au sénateur Gérard Deriot

655724164.jpgNous reproduisons avec l'aimable autorisation des auteurs, André et Colette Weiss, adhérents de l'ADMD, et que nous remercions, un courrier qu'ils ont envoyé au sénateur de l'Allier, Gérard Deriot, suite à ses propos tenus lors du débat sur la fin de vie au Sénat le 8 avril dernier.

 

Monsieur Gérard DÉRIOT

Sénateur de l’Allier

Palais du Luxembourg

26 rue de Vaugirard

75291 Paris Cedex 06

 

Objet : Votre intervention au Sénat lors du débat sur la fin de vie.

 

Monsieur le Sénateur,

 

Nous sommes membres de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) et à ce titre nous suivons toujours très attentivement les évènements et les débats qui se rapportent à la " Fin de Vie ".

Nous avons donc suivi avec intérêt le débat au Sénat sur ce thème et nous avons été très surpris et choqués par certains de vos propos, propos émanant d’un élu de la République. Nous vous citons :

En 2005, le Parlement a pris le parti de ne pas modifier le code pénal et de confirmer l’interdit de tuer, dont le respect constitue le fondement de notre société et qui demeure la règle absolue des trois grandes religions monothéistes. Avec … …  ".

Monsieur le Sénateur, nous nous permettons de vous faire remarquer que nous sommes dans une République Laïque et que, à ce titre, aucune des " trois grandes religions monothéistes " ne peut dicter une règle qui, par une loi, s’imposerait à Tous.

Par ailleurs cette règle : l’interdit de tuer " des " trois grandes religions monothéistes " n’aurait une valeur que si cet interdit de tuer " s’appliquait partout et en toute circonstance. C'est-à-dire si les " trois grandes religions monothéistes " s’opposaient à la guerre, à toutes les guerres, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

Nous souhaiterions, quant à nous, que, lors de votre prochaine intervention sur le sujet, vous ayez en mémoire le fait que vous vous opposez à la demande d’une personne qui demande à mourir à cause de ses souffrances, mais que vous acceptez, en approuvant une guerre, d’envoyer à la tuerie des jeunes en pleine santé qui ne demandent qu’a vivre.

Recevez, Monsieur le Sénateur, nos respectueuses salutations humanistes et laïques.

 

Copie : Monsieur Jean-Luc Roméro, Président de l’ADMD.

14.04.2008

Témoignage de Jacqueline Jencquel, déléguée nationale de l’ADMD

190390359.2.jpgAprès avoir lu le débat au Sénat, la réaction de notre ministre de la Santé me choque et m’émeut d’autant plus que les appels au secours se font de plus en plus nombreux dans notre pays. Je voudrais donc raconter ce qu j’ai pu vivre personnellement en Suisse.

Elke Baezner, présidente de la Right to Die Europe et membre actif de Exit Suisse Romande m’appelle un jour à Paris et me demande si j’aimerais assister à un accompagnement en Suisse. Je n’ai pas hésité et deux jours plus tard j’étais dans le TGV direction Genève.

Elke vient me chercher à la gare et nous allons dans l’appartement de Monsieur S.G dans le centre de Genève. Ses amis nous ouvrent. Ils sont 4 à avoir été invités à partager les derniers moments de Monsieur SG qui arrive en ambulance depuis l’unité de soins palliatifs dans laquelle il a passé ses derniers mois. Il est atteint d’un glioblastome fronto-pariétal droit (cancer du cerveau) avec un pronostic fatal. Il a perdu l’équilibre, n’arrive plus à marcher tout seul et son côté gauche est paralysé, ce qui le rend complètement dépendant pour effectuer ses tâches quotidiennes comme se déshabiller et aller aux toilettes… Il a 69 ans, des yeux très bleus et un sourire magnifique .Ses amis l’aident à s’installer dans un fauteuil, son médecin traitant est présent. Il demande à boire un verre de porto avec nous et nous bavardons. Il me demande si je fais partie d’Exit et je lui réponds que je viens de France, de l’ADMD et que nous n’avons pas encore la possibilité de partir en douceur dans notre pays… Il me sourit et me dit. "je vous aiderai une fois que je serai là-haut".

Elke Baezner lui dit : "Vous savez ce qui va se passer. Vous allez mourir .. Est-ce toujours ce que vous voulez ?" Sans une seconde d’hésitation il répond " oui ". Donc elle lui donne un anti-émétique et nous attendons une demi-heure en bavardant avec lui. Puis Elke va à la cuisine et je l’accompagne, elle dilue la poudre (sodium de pentobarbital) avec un peu d’eau et puis elle revient dans le salon dans lequel est placé un lit. Nous accompagnons monsieur SG vers le lit et nous l’ entourons pendant qu’il boit. Puis il sourit de nouveau et dit : "c’est moins amer que je pensais" puis il baille, s’allonge et ferme les yeux. Deux minutes après, il est mort.

Elke appelle la police et le médecin légiste qui signent le "Nihil obstat" c'est à dire le permis d'incinérer...

Nous restons un moment avec ses amis qui sont tristes, bien sûr… La mort d’un proche est forcément triste, mais lui est parti tranquillement, un sourire aux lèvres…

En France, il aurait fallu qu’il sombre dans une déchéance totale avant de pouvoir partir.

Quelle raison pouvons nous invoquer pour justifier une telle différence de comportement devant la mort ? Sommes nous aveugles, sourds, idiots ou tout simplement trop paresseux pour réfléchir pour de bon à la fin, à notre fin, à la fin inéluctable de chaque être humain ? Si une mort douce est possible, pourquoi ne pas la permettre ? Ceux qui préfèrent souffrir une longue agonie ont le droit de le faire, mais les autres ? La grande majorité d’entre nous n’a pas du tout envie de souffrir. Alors ? Pourquoi ce calvaire imposé à Vincent, Chantal, la famille Pierra ?

De quel droit osons-nous décider pour les autres ? Chacun de nous est seul juge du seuil de souffrance qu’il veut ou ne veut pas dépasser. Soyons honnêtes envers nous-mêmes et cessons d’imposer des vérités aux autres auxquelles nous ne faisons que semblant d’adhérer nous-mêmes.

Jacqueline Jencquel
Déléguée nationale de l’ADMD France

28.03.2008

Message de Danièle et Paul Pierra

919671779.jpgPaul et moi vous remercions chaleureusement pour votre sollicitude. Vos encouragements sont pour nous d'un précieux soutien. Ils nous permettent, par l'amour que vous nous transmettez, de défendre nos convictions avec courage, même lorsque nous sommes fatigués ou peinés. Il est trop tard pour notre enfant mais sa souffrance n'aura pas été vaine et aura permis notre contribution à ce grand débat de société pour prodiguer l'ultime geste d'amour à tous ceux qui souffrent ou qui sont emmurés comme l'était Hervé.
Merci à tous.
Danièle et Paul Pierra.

25.03.2008

Lettre ouverte d'un adhérent à Gaëtan Gorce

1493487126.jpgMonsieur le Député,
 
J’ai lu avec un très grand intérêt votre contribution dans le Monde du 19 mars, au débat sur l’euthanasie, ouvert à la suite de la requête présentée par Chantal Sébire.
 
La vie m’a été léguée par mes parents. Un don de vie qui est aussi un don de mort, car je n’ai heureusement pas vocation à l’immortalité. La finitude marque mon destin. Je vais prochainement transmettre à mes enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants un héritage matériel et immatériel, qu’ils ne porteront pleinement qu’après ma mort, qui fait donc partie de ma vie.
 
Je revendique en conséquence le droit inaliénable de maîtriser le fil de mon existence.
 
Je respecte profondément ceux qui refusent, par conviction religieuse ou philosophique, toute action volontaire pour infléchir le fil des évènements qui marquent douloureusement beaucoup de fins de vie. Je leur demande en retour d’entendre mon choix, sans exercer des contraintes juridiques ou morales qui limiteraient ma liberté.
 
Ma demande est celle du libre choix de clore ma vie. Elle ne s’adresse ni au médecin, ni au juge. Elle concerne le législateur auquel je demande instamment de préserver ce droit, car la loi à une vertu inégalable dans la défense de la liberté du faible et du malade contre le pouvoir des puissants et des clercs.
 
Je ne demande donc ni un acte de soin, ni un acte médical : j’espère seulement un accompagnement respectueux et affectueux et la mise à disposition de moyens et de protocoles qui me permettront d’exercer dignement cette ultime décision.
 
Je me réjouis grandement, Monsieur le Député, de votre constat sur la nécessité de faire évoluer la loi Léonetti.
 
J’exprime toutefois mon total désaccord de devoir remettre un jour, entre les mains d’une « Haute Autorité Morale », le pouvoir d’arrêter ma vie qui ne peut être que ma décision, dont j’admets sans réserve qu’elle s’inscrive dans le fil d’une démarche rigoureusement encadrée.
 
Je revendique publiquement cette capacité pour moi. Tant que je suis lucide, je refuse de déléguer quelque décision que ce soit sur ma vie. Le médecin propose, je dispose. Je délie ainsi totalement de leur responsabilité médecins et soignants qui ne doivent pas avoir sur leur conscience la charge très lourde de trancher pour un autre. Cette volonté est consignée dans une déclaration écrite de ma main au cas où j’aurais perdu conscience.
 
Je revendique donc le droit de mourir dans la dignité quand je le voudrai, et surtout la liberté absolue de ne plus vouloir vivre, un jour que j’espère lointain, car j’aime trop la vie.
 
Recevez, Monsieur le Député, l’expression de ma considération.
 
 
Daniel Carré
Adhérent ADMD
75 ans

21.02.2008

Brèves de Marché : article de Daniel Carré

c59e19be911757c1ade861815880ae85.jpgPlace d’Italie, dimanche 17 février 2008 au matin

Ce matin-là le froid pénètre. Un flot continu entre et sort du marché "Bianqui", qui a été choisi pour faire signer la pétition nationale de l'ADMD.

Une dame d’un certain âge, très dynamique, au visage souriant derrière ses grosses lunettes, m’aborde avec vivacité :

"Depuis une demi-heure, j’étais à la terrasse du bistrot pour mon café matinal. Je viens de comprendre pourquoi vous faites signer une pétition. Je suis totalement d’accord et je signe !"

Je l’en remercie vivement et elle enchaîne :

"Je vous ai bien observé. Il faut être encore plus actif pour la cause que vous défendez. Vous devez être plus souvent là pour convaincre les gens, abordez-les énergiquement, expliquez leur la situation et faites leur savoir ce qui se passe. Continuez, c’est bien !"

Je n’ai pas eu la présence d’esprit de lui demander de se joindre à nous pour terminer le marché.

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05.11.2007

Forum des associations de la ville du Mans : Compte-rendu

0c9326a163c242eaad9ee0adc655e0f0.jpgMarine Lechat-Zhu (photo), adhérente de l'ADMD et membre de la Commission Jeunes de l'ADMD avait fait le voyage de Paris pour assister au Forum des associations du Mans, a l'invitation d'Henri Naveau, délégué de l'ADMD dans le département de la Sarthe. Elle nous reproduit ici ses impressions sur cette journée.

Le week-end du 13-14 octobre, s'est déroulé au Mans la grande manifesation annuelle "La vingt-cinquième heure du livre". Des associations de toutes sortes ont pu accompagner l'evènement grâce au "village des associations", monté pour l'occasion. La délégation ADMD de la Sarthe, désormais pilotée par Henri Naveau, y a ainsi tenu son stand.

Membre depuis peu de la – elle-même toute jeune ! - commission jeunes de l’ADMD, je souhaite saluer l’initiative d’Henri qui a souhaité innover en demandant à l’un de nous de tenir le stand avec l’équipe sarthoise. J’ai ainsi accepté avec plaisir et fait le voyage de Paris au Mans le dimanche 14 octobre.

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24.10.2007

Lettre de Philippe Bisson, adhérent de l'ADMD, à Madame Roselyne Bachelot, ministre de la santé

738e1ab578aa439015b3ffb02c7e7efc.jpgMadame la Ministre, 

Mandatée par Monsieur Philippe DOUSTE-BLAZY pour évaluer l'avancement des soins palliatifs en France, Madame de HENNEZEL vient de vous remettre son rapport, dont j'ai pris connaissance sur le site Internet de La Croix.

D'abord offusqué par certains éléments de son contenu, j'ai ensuite décidé de chercher à en faire une analyse constructive. 

Oui, en dénonçant les insuffisances du développement des soins palliatifs dans les régions, Marie de HENNEZEL fait oeuvre utile et je l'en remercie. Il ne manque dans ce rapport ni la faiblesse de la culture palliative du monde médical, ni sa méconnaissance des textes réglementaires et en particulier de la Loi LEONETTI, ni l'omission des bonnes pratiques en fin de vie, ni l'oubli des aspects psychologiques de la souffrance des mourants dans l’organisation de leurs soins. On peut même trouver Madame de HENNEZEL globalement sévère à l'égard d'un corps de soignants qui est, de mon point de vue, aussi hétérogène que tous les autres corps de métier, et qui comprend beaucoup de personnes soucieuses de respecter la loi, compétentes, humaines, voire généreuses

Oui, en dénonçant l'insuffisance des financements et des structures palliatives, qu'il s'agisse du nombre d'unités de soins palliatifs, de lits identifiés, d'équipes mobiles, d'infirmières de nuit et de médecins, Madame de HENNEZEL fait oeuvre utile. Je l'en remercie.

Après avoir rappelé les progrès techniques récents des soins palliatifs, rappelé le vote de la loi qui en a fait un droit du patient en 1999, rappelé les efforts des derniers Ministres-Médecins pour les développer, Marie de HENNEZEL s'écrie néanmoins: Meurt-on pour autant dans des conditions de dignité et d'humanité dans notre pays ? Rien n'est moins sûr! Merci à Madame de HENNEZEL, de s'en faire le témoin. D'autant qu'elle est un témoin accrédité, ce qui n'est pas mon cas.

Mais venons en maintenant aux passages du rapport qui m'ont offusqué. Ils concernent le problème important dont Madame de HENNEZEL ne nie pas l'existence et qu'elle appelle les cas limites" si rares fussent-ils à ses yeux.

Télécharger la lettre en format pdf : Lettre Philippe Bisson à Roselyne Bachelot.pdf

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22.10.2007

Témoignage d'une mère qui a accompagné son fils malade du sida pendant 16 ans

Nous reproduisons, avec l'accord de l'auteur, le texte réalisé par Astrid Navarro, adhérente de l'ADMD, qui nous a particulièrement ému et touché.

Mon fils a aussi décidé de partir pour son dernier voyage en étant accompagné par l'association Exit à Genève.

Les premières années de la maladie de Serge m'avait été partiellement cachées. Mais mon fils savait exactement ce qui allait suivre les prochaines années de sa courte vie.

Un coup de téléphone à mon travail, et ma vie a basculé en quelques secondes. Je ne m'étais jamais imaginé de devoir vivre toutes ces longues années avec des épisodes douloureux et insupportables.

Mon fils venait d'avoir 26 ans, et c'était un jeune homme en pleine santé et surtout passionné de la vie. Il avait beaucoup voyagé et abusait certainement des bons moments que la vie pouvait lui offrir.

Et la catastrophe arriva un jour pour lui. Il ne s'était pas assez protégé et il a fait confiance en une personne, mais cela était trop tard.

Après avoir reçu les premiers résultats de ses tests, il était séropositif.

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08.10.2007

Lettre d'une nouvelle adhérente

355734c2902d1151e4c778a685322a58.jpgNous mettons en ligne, un exemple des lettres que nous recevons ces derniers jours. Ces courriers nous confortent dans notre action quotidienne au service de notre ultime liberté. Nos détracteurs n’auront pas le dernier mot. Merci, chère Mme H.R

Télécharger la lettre en format pdf : Lettre Adhérente.pdf