03.05.2008

Témoignage de Jacqueline Salenson, déléguée de l'Hérault sur le décès de son père

723029346.JPGA 98 ans et demi, 3 ans et demi de démence sénile suite à des AVC : 2 ans de démence sénile non diagnostiquée (le médecin disait « c'est l'âge » lorsqu'il se plaignait de perdre la mémoire et alors qu'il « délirait » souvent, sans s'en rendre compte) puis trois mois d'hôpital  pour le prolonger dans un état encore pire 18 moi, enfin 8 jours d'agonie à l'hôpital.

Est- ce utile ? La science est-elle faite pour cela? Prolonger les  souffrances et les agonies? Faire souffrir sa femme si longtemps, est-ce utile ? Le coût de ces 8 jours d'hôpital n'aurait-il pas été mieux utilisé pour des recherches médicales ou pour sauver des jeunes guérissables?

Mon père était contre ces soins qu'il jugeait inutiles, il ne souhaitait que mourir dès lors qu'il perdait son autonomie et sa conscience sans retour possible, malheureusement, il ne l'a pas écrit.

Mon père est décédé jeudi dernier après 8 jours d'agonie , peut-être mon intervention et celle du Dr Claudine Lassen de Paris a accéléré le processus : à mon arrivée mardi matin, entrevue avec le chef de service (plus d'une heure de discussion, très bien), et dépôt d'une lettre donnant nos intentions  (aucun soin autre que contre la souffrance, y compris avec pour effet secondaire la mort, selon la loi actuelle), suite à cela elle a doublé la dose de morphine et d'atarax (donné comme sédatif?) et arrêté les antibiotiques...ce qui a fait cesser la souffrance respiratoire visible et atroce pour ma mère, qui durait depuis 6 jours. Il est mort jeudi matin, il s'était paralysé le mercredi précédent à midi.

J'ai appris qu'une telle agonie pouvait durer plus de trois semaines...horrible...

Enfin, on a pu l'enterrer samedi après-midi, avec toute la famille (nous habitons tous très loin), la page est tournée.

Ma mère va trouver le vide, restant seule dans sa maison, selon son souhait, mais enfin soulagée de tous ses soucis à s'occuper de ce vieux monsieur malade qu'il fallait suivre à la trace, jour et nuit, dans lequel elle ne reconnaissait plus l'homme qu'elle avait aimé.

Mon père a tellement répété qu'il avait eu une vie magnifique, qu'il avait eu une femme formidable, qu'il mourrai heureux, que sa mort, inéluctable, au bout de ces souffrances, est bienvenue, un soulagement. En état de démence sénile, les médecins le trouvaient « bien » parce que physiquement capable de marcher, de manger seul et de faire sa toilette, mais avec des discours totalement incohérents, des délires, incapable de reconnaître le jour et la nuit, les saisons, se réveillant plusieurs fois dans la nuit, faisant sa toilette et se rasant à chaque réveil, ne sachant plus où il habitait, il n'avait plus qu'un repère : sa femme, qu'il suivait comme une ombre.

Mon père, qui avait connu sa mère dans cet état plus de trois ans aussi, obligé à l'époque de la mettre à l'hospice (elle est décédée à Paris en 1953) avait assez répété qu'il préférait mourir que de subir cette déchéance et de faire subir cela à sa femme, mais il n'a jamais rien écrit. Il avait d'ailleurs préparé un pistolet pour se suicider : Lors de son départ à l'hôpital il y a 18 mois, il voulait que le médecin l'aide à mourir et non pas à vivre, il se laissait mourir depuis 1 an, mangeant très peu, ressentant sa faiblesse d'esprit et la souffrance qu'il infligeait à sa femme. Pour ma mère, il n'a pas osé se servir du pistolet, ils ne se quittaient pas, et ensuite, il avait perdu toute conscience de son état.

Il laisse ses manuscrits et ses poésies illustrées (calligraphe et aquarelliste) ses mémoires, ses films et ses photos. Il nous a transmis sa philosophie appuyée sur les grecs et les romains (il avait appris le latin pour les lire dans le texte) les stoïciens qu'il affectionnait, Montaigne, la Bruyère, et les philosophes des lumières: Voltaire et Diderot, l'amour de la science et la curiosité detout, la remise en question et l'expérimentation. Pour lui, l'école s'était arrêté à 13 ans, faute d'argent, mais il nous a appris que l'essentiel est la curiosité d'apprendre, que les livres sont un outil formidable, que le simple fait de savoir lire et écrire, compter suffit pour acquérir les connaissances que l'on souhaite obtenir.

En cours du soir, il avait appris l'anglais, des techniques diverses (électricien, téléphoniste) à l'école des Arts et Métiers. Il a appris à conduire une voiture à 40 ans, appris le latin avec mon frère à 44 ans, appris l'allemand à 46 ans (en suivant l'apprentissage de mon frère), il savait faire des plans d'architecte et a construit 3 maisons, faisant chaque fois les maquettes, y compris des meubles, pour que ma mère puisse prévoir l'agencement de la maison. Il a changé de métier plusieurs fois jusqu'à terminer sa carrière en directeur du service de recherche de SEV.

Il surveillait de près nos études, et était fier de notre réussite. Il nous a emmené dans tous  les musées de Paris. Passionné d'opéra et de musique classique, il a voulu que nous étudions la musique, il nous a fait apprécié le théâtre et le cinéma. Il nous a appris à dessiner, à peindre, à faire et lire des plans, ainsi qu'à ses petits-enfants et arrière-petits enfants.

Il s'occupait aussi de notre forme physique et nous a appris à nager, à faire du vélo, du kayak. Lui-même n'a cessé ses activités physiques qu'à l'approche de la sénilité, c'était un sportif, mais qui n'était pas favorable à trop de compétition sportive. Très doué de ses mains, il nous a appris le travail manuel, il savait tout faire. Agnostique, plutôt panthéiste, il avait rejeté l'Eglise catholique et n'a pas voulu que l'on subisse une éducation religieuse. Par contre, il s'intéressait et nous parlait de toutes les religions et philosophies du monde, passionné par les récits des explorateurs de toutes sortes et les cultures différentes.Sa morale: être indépendant, se suffire à soi-même, cultiver sa bonne santé (faire dela prévention par une bonne hygiène de vie et des soins préventifs,  se soigner pour guérir en cas de nécessité), faire du bien aux autres, aider, soulager les souffrances, défendre les opprimés, militer pour la liberté.

Ma mère a presque 94 ans, 73 ans de vie commune, 36 ans de vie fusionnelle à la retraite dans la Creuse de ma mère.

Ils auraient souhaité mourir ensemble, s'endormir la main dans la main, mais ils n'ont jamais pensé à écrire leurs volontés, et ils ne savaient pas comment faire pour mourir en s'endormant. Où trouver les médicaments, les bons médicaments ?

Ma mère étant par avance soumise à la toute puissance des médecins, et craignant leurs représailles...  Mon père espérant naïvement mourir d'une crise  cardiaque ... ignorant sa maladie, AVC sournois nodiagnostiqués par son médecin...

24.04.2008

"Ma soeur voulait choisir l'heure de sa mort" : article de Ouest France du 23 avril 2008

2074865654.jpg" Je voulais être avec elle au moment de sa mort, pour être absolument sûre que son geste était libre et conscient. " Sophie était à côté de Michelle, sa soeur, quand celle-ci a bu la potion létale.

Comment la médecine accompagne-t-elle la fin de vie ? Michelle a décidé le moment de sa mort, un peu comme Chantal Sébire, cette femme défigurée par une tumeur incurable. Un médecin généraliste et une infirmière d'un service de soins palliatifs racontent, quant à eux, leur pratique professionnelle.

" Ma soeur Michelle était une brillante intellectuelle. Elle s'est toujours battue pour le droit à la liberté. Une de ses revendications était " Il n'y a pas de vie libre si on n'a pas le droit de choisir sa mort ". C'est Sophie (1) qui parle. Sa soeur militait, depuis trente ans, au sein de l'ADMD, l'association pour le droit de mourir dans la dignité.

Sophie raconte : " Michelle est tombée malade. Une maladie dégénérative du cerveau. Mais elle a gardé de grands moments de lucidité. Elle se voyait perdre ses capacités intellectuelles. Un jour, elle n'a plus pu exercer son métier. Ce fut une épreuve terrible. Elle savait ce qui l'attendait : elle se voyait décliner, se perdre dans les actes de la vie quotidienne. Il lui arrivait de ne plus savoir lire l'heure, de ne plus nous reconnaître. Le lendemain, elle était à nouveau parfaitement consciente. Elle ne voulait à aucun prix entrer dans une institution médicalisée. Et voulait, plus que jamais, choisir le moment de sa mort. "

Elle aurait pu, en toute légalité, se jeter par la fenêtre ou sous un train. Une mort violente. Elle a choisi autre chose. " Elle s'est procuré une potion létale. Je ne sais pas où. Je tenais absolument à être à ses côtés lors de sa mort. Je ne voulais pas qu'elle soit seule. Et je voulais être présente, pour être totalement sûre que son acte de mourir était libre et conscient. Je ne pouvais faire confiance à personne d'autre pour cela. "

Michelle choisit la date. Sophie prévoit de quoi lui faire plaisir, ce qu'elle voulait boire, manger, avant de prendre la potion. " Ça a été un moment très doux, très chaleureux. On a pris tout notre temps, on a profité de chaque seconde. On a ri. Elle me disait : " C'est le plus beau cadeau qu'on puisse me faire. Mais en étant avec moi, tu risques dix ans de tôle. " C'était fort, on était proches. "

Sophie enregistre la voix de Michelle. Une voix un peu heurtée, mais des paroles parfaitement lucides. Un vrai testament moral pour ses proches. " Puis Michelle a pris le verre de potion, l'a bu. Elle a eu froid. Je lui ai mis une couverture. On a continué à parler gentiment. Et ça a été fini. "

La suite a été très difficile pour Sophie. " Je me sentais surveillée. Je pensais aux traces que j'avais laissées. J'avais bu avec elle, fumé. Je l'avais appelée avec mon téléphone portable. J'étais terrifiée. J'avais peur de compromettre des proches. Accompagner cette mort de façon clandestine prive le mourant et ses proches d'un moment de partage. "

Il y a eu une autopsie, une enquête. Le procureur a estimé que, vu le passé militant de Michelle, sa volonté de mourir ne faisait aucun doute.

Propos recueilli par Anne Kiesel

23.04.2008

Lettre d'adhérents au sénateur Gérard Deriot

655724164.jpgNous reproduisons avec l'aimable autorisation des auteurs, André et Colette Weiss, adhérents de l'ADMD, et que nous remercions, un courrier qu'ils ont envoyé au sénateur de l'Allier, Gérard Deriot, suite à ses propos tenus lors du débat sur la fin de vie au Sénat le 8 avril dernier.

 

Monsieur Gérard DÉRIOT

Sénateur de l’Allier

Palais du Luxembourg

26 rue de Vaugirard

75291 Paris Cedex 06

 

Objet : Votre intervention au Sénat lors du débat sur la fin de vie.

 

Monsieur le Sénateur,

 

Nous sommes membres de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) et à ce titre nous suivons toujours très attentivement les évènements et les débats qui se rapportent à la " Fin de Vie ".

Nous avons donc suivi avec intérêt le débat au Sénat sur ce thème et nous avons été très surpris et choqués par certains de vos propos, propos émanant d’un élu de la République. Nous vous citons :

En 2005, le Parlement a pris le parti de ne pas modifier le code pénal et de confirmer l’interdit de tuer, dont le respect constitue le fondement de notre société et qui demeure la règle absolue des trois grandes religions monothéistes. Avec … …  ".

Monsieur le Sénateur, nous nous permettons de vous faire remarquer que nous sommes dans une République Laïque et que, à ce titre, aucune des " trois grandes religions monothéistes " ne peut dicter une règle qui, par une loi, s’imposerait à Tous.

Par ailleurs cette règle : l’interdit de tuer " des " trois grandes religions monothéistes " n’aurait une valeur que si cet interdit de tuer " s’appliquait partout et en toute circonstance. C'est-à-dire si les " trois grandes religions monothéistes " s’opposaient à la guerre, à toutes les guerres, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

Nous souhaiterions, quant à nous, que, lors de votre prochaine intervention sur le sujet, vous ayez en mémoire le fait que vous vous opposez à la demande d’une personne qui demande à mourir à cause de ses souffrances, mais que vous acceptez, en approuvant une guerre, d’envoyer à la tuerie des jeunes en pleine santé qui ne demandent qu’a vivre.

Recevez, Monsieur le Sénateur, nos respectueuses salutations humanistes et laïques.

 

Copie : Monsieur Jean-Luc Roméro, Président de l’ADMD.

14.04.2008

Témoignage de Jacqueline Jencquel, déléguée nationale de l’ADMD

190390359.2.jpgAprès avoir lu le débat au Sénat, la réaction de notre ministre de la Santé me choque et m’émeut d’autant plus que les appels au secours se font de plus en plus nombreux dans notre pays. Je voudrais donc raconter ce qu j’ai pu vivre personnellement en Suisse.

Elke Baezner, présidente de la Right to Die Europe et membre actif de Exit Suisse Romande m’appelle un jour à Paris et me demande si j’aimerais assister à un accompagnement en Suisse. Je n’ai pas hésité et deux jours plus tard j’étais dans le TGV direction Genève.

Elke vient me chercher à la gare et nous allons dans l’appartement de Monsieur S.G dans le centre de Genève. Ses amis nous ouvrent. Ils sont 4 à avoir été invités à partager les derniers moments de Monsieur SG qui arrive en ambulance depuis l’unité de soins palliatifs dans laquelle il a passé ses derniers mois. Il est atteint d’un glioblastome fronto-pariétal droit (cancer du cerveau) avec un pronostic fatal. Il a perdu l’équilibre, n’arrive plus à marcher tout seul et son côté gauche est paralysé, ce qui le rend complètement dépendant pour effectuer ses tâches quotidiennes comme se déshabiller et aller aux toilettes… Il a 69 ans, des yeux très bleus et un sourire magnifique .Ses amis l’aident à s’installer dans un fauteuil, son médecin traitant est présent. Il demande à boire un verre de porto avec nous et nous bavardons. Il me demande si je fais partie d’Exit et je lui réponds que je viens de France, de l’ADMD et que nous n’avons pas encore la possibilité de partir en douceur dans notre pays… Il me sourit et me dit. "je vous aiderai une fois que je serai là-haut".

Elke Baezner lui dit : "Vous savez ce qui va se passer. Vous allez mourir .. Est-ce toujours ce que vous voulez ?" Sans une seconde d’hésitation il répond " oui ". Donc elle lui donne un anti-émétique et nous attendons une demi-heure en bavardant avec lui. Puis Elke va à la cuisine et je l’accompagne, elle dilue la poudre (sodium de pentobarbital) avec un peu d’eau et puis elle revient dans le salon dans lequel est placé un lit. Nous accompagnons monsieur SG vers le lit et nous l’ entourons pendant qu’il boit. Puis il sourit de nouveau et dit : "c’est moins amer que je pensais" puis il baille, s’allonge et ferme les yeux. Deux minutes après, il est mort.

Elke appelle la police et le médecin légiste qui signent le "Nihil obstat" c'est à dire le permis d'incinérer...

Nous restons un moment avec ses amis qui sont tristes, bien sûr… La mort d’un proche est forcément triste, mais lui est parti tranquillement, un sourire aux lèvres…

En France, il aurait fallu qu’il sombre dans une déchéance totale avant de pouvoir partir.

Quelle raison pouvons nous invoquer pour justifier une telle différence de comportement devant la mort ? Sommes nous aveugles, sourds, idiots ou tout simplement trop paresseux pour réfléchir pour de bon à la fin, à notre fin, à la fin inéluctable de chaque être humain ? Si une mort douce est possible, pourquoi ne pas la permettre ? Ceux qui préfèrent souffrir une longue agonie ont le droit de le faire, mais les autres ? La grande majorité d’entre nous n’a pas du tout envie de souffrir. Alors ? Pourquoi ce calvaire imposé à Vincent, Chantal, la famille Pierra ?

De quel droit osons-nous décider pour les autres ? Chacun de nous est seul juge du seuil de souffrance qu’il veut ou ne veut pas dépasser. Soyons honnêtes envers nous-mêmes et cessons d’imposer des vérités aux autres auxquelles nous ne faisons que semblant d’adhérer nous-mêmes.

Jacqueline Jencquel
Déléguée nationale de l’ADMD France

10.04.2008

Texte de Silviane Le Menn, écrivain

Silviane Le Menn nous a demandé de publier ce texte. Cet espace est bien sûr celui des adhérents qui peuvent nous soumettre des contributions pour alimenter le débat. Ces contributions sont de la responsabilité de l’auteur et n’engagent pas l’ADMD. Alors, n’hésitez pas ! »

La poétesse bretonne Silviane Le Menn, écrivain et webmaster, domiciliée à QUIMPER (Finistère) exprime aujourd’hui sa volonté de témoigner publiquement au sujet de l’euthanasie « ratée » dont sa fille unique CORALIE FEHLEN est décédée en 1993, à l’âge de 20 ans (soit 14 ans ½ de secret bien lourd à porter !).

En découvrant à la télévision, début mars 2008, le visage défiguré et douloureux de CHANTAL SEBIRE, le souvenir traumatisant du visage de Coralie — atteinte d’un ostéosarcome maxillo-facial rare et incurable qui a évolué durant 2 ans ½ — a été vivement réactivé dans la mémoire de sa maman et des personnes qui l’ont aimée ou rencontrée.

Après avoir publié 16 commentaires explicites sur le site Internet de FRANCE SOIR,
Silviane Le Menn, a créé un « Dossier euthanasie » sur son propre site abadennou.fr.
Pour les personnes compatissantes qui ont le cœur bien accroché, pour les thérapeutes, les étudiants en médecine, les politiques, les religieux, etc… un lien permet d’accéder aux photos bouleversantes de Coralie avant son décès et après l’euthanasie, sur son lit de mort.

Très sensibilisée par le rejet de la demande d’euthanasie  et l’autopsie de Chantal Sébire, Silviane Le Menn a rejoint l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) parce que, comme Chantal, Coralie n’a pas eu la « chance » ( !) de quitter ce bas-monde en douceur.

Coralie n’est pas morte dans la dignité car le médecin et l'infirmière qui avaient pris le risque d’accepter de l’aider illégalement à mourir n’étaient malheureusement pas en possession des bons produits, pourtant à disposition des vétérinaires !

Si vous aviez entendu Coralie murmurer, au milieu de la nuit :
– Je vous entends !... C’est dur de mourir, j’essaye mais je n’y arrive pas !

Au nom de Coralie, de Chantal et de tous les malheureux malades en fin de vie qui veulent mourir chez eux, en paix, entourés de l’amour des proches, Silviane Le Menn, autodidacte et catholique devenue libre penseur, prend sa plume en attendant de prendre la parole pour faire évoluer les consciences, pour contribuer à faire avancer les choses !

Que le Député Jean LEONETTI complète son texte de Loi inachevé dans le sens de la
liberté de choix pour chaque personne de FRANCE, pays des Droits de l’Homme !

Le terme « euthanasie » a gardé une sinistre connotation à cause du prédateur fou Hitler et des assassins nazis qui, pour camoufler leurs actes criminels et se justifier, parlaient de « mesures euthanasiques » ! Ne mélangeons pas tout !

Étymologie du mot "euthanasie" (voir ci-dessous)

Selon l’Église, l'avortement et le divorce sont des « péchés graves ». Pourtant, en FRANCE, des Lois autorisant le divorce et l’interruption volontaire de grossesse ont été votées. Ont-elles créé des abus ou l’obligation pour tous de divorcer et de subir une IVG ? Les abus ont lieu principalement dans la clandestinité !  

Le pape Benoît XVI a mis en garde contre une « culture de la mort » mettant en danger la vie des plus âgés ! L'argument religieux de la sacralité de la Vie, avancé par les croyants, est l'idée que « Dieu » seul est Maître de la Vie et de la Mort. « Dieu » donne la Vie et est seul habilité à la reprendre ! Mais quel est ce « Dieu » créant la Loi du Prédateur !

Tous les français sont-ils obligés de croire en « Dieu » ???
Comment les politiques, les scientifiques, au 21ème siècle peuvent-ils continuer de prendre en compte un tel argument ? Soyons logiques !

Coralie ? Enfant de « Dieu » ??? Non… c’est moi, sa maman, qui l’ait portée durant 9 mois, qui ait accouché lui donnant la vie et ait souffert avec elle de son calvaire, 18 ans plus tard !

En vertu de quel dogme Coralie avait-elle l’obligation de continuer de souffrir « ad vitam aeternam » ?

Qui sait ce que nous réserve notre avenir, notre fin de vie ?

Soyons humains ! Soyons humanistes !

 

 


 

04.04.2008

Livre "Moi, Hervé Pierra ayant mis six jours à mourir" de Gilles Antonowicz

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"Moi, Hervé Pierra ayant mis six jours à mourir" de Gilles Antonowicz, vice-président de l'ADMD et préfacé par Danièle Pierra. 192p, 17,95€.
Sortie en librairie le mercredi 2 avril 2008 - Editions Bernard Pascuito Editeur
Infos :
http://www.bernardpascuito.com/moi,hervepierra.html

Le 12 novembre 2006, mourait au centre hospitalier de Saumur un jeune homme de vingt-neuf ans.
En état végétatif chronique depuis plus de huit années, Hervé Pierra avait vécu jusqu’alors trachéotomisé, alimenté artificiellement par une sonde gastrique. Longtemps, ses parents avaient espéré. Lorsque le temps de l’espoir fut passé, ils s’interrogèrent sur le sens de cette existence et celui des traitements prolongeant artificiellement une vie dont on ne pouvait exclure qu’elle fût souffrante. Ils en demandèrent l’arrêt. C’est alors que notre législation a provoqué un drame dans le drame, les contraignant, anéantis, à assister six jours et six nuits durant à la lente agonie de leur fils sous les yeux d’une équipe soignante impuissante et consternée.
Faire un procès ? Un an après la mort de leur fils, ces parents brisés, mais pas résignés, l’ont envisagé. Plutôt que de les entraîner dans une procédure interminable et peut-être vaine, Gilles Antonowicz, avocat et écrivain, a accepté de défendre leur cause à travers l’écriture.
Ce livre relate le combat mené par Paul et Danièle Pierra pour que les médecins acceptent de laisser mourir leur fils. Il dénonce par ailleurs l’hypocrisie de la législation française votée à la suite de l’affaire Humbert, qui ne permit pas aux médecins d’aider Hervé Pierra à mourir dans le respect de sa personne, de sa famille et des soignants.
La deuxième partie de ce livre est un plaidoyer percutant et sensible pour que, dans certains cas d’exception, la mort ne soit plus jamais interdite.
Au moment où il terminait ce livre, Gilles Antonowicz était amené à entrer en contact avec Chantal Sebire. Pendant treize jours, il fut son avocat. Treize jours d’une intensité rare au cours desquels il déposa devant un tribunal une requête inédite qui allait secouer la France : par son intermédiaire, Chantal Sebire demanda à la justice de l’autoriser à en finir avec une vie devenue depuis longtemps inacceptable.
On sait ce qu’il en est advenu. Chantal n’a eu droit qu’à l’ombre, au silence et à la solitude au moment de son départ choisi.
Ce sont ces treize jours que Gilles Antonowicz raconte d’une plume qui refuse de trembler. Le temps des larmes est passé. Face à la douleur et à l’insoutenable le combat continue.

02.04.2008

Chantal et les Pilates : Texte de Gérard Lenne, délégué du 10ème ardt de Paris

2093874916.jpgLe cas de Chantal Sébire est en tout point exemplaire. Voici une femme qui a voulu faire de sa mort un symbole, qui a bravé toutes les hypocrisies. Bien sûr, elle aurait pu faire le voyage en Suisse, le même que faisaient jadis celles qui, hors la loi, avaient décidé d’avorter. Tous les Ponce Pilate en eussent été ravis, l’institution judiciaire autant que le corps médical, la Garde des Sceaux comme le Président de la République.

Chantal Sébire a refusé cette facilité. Elle est allée devant la justice de son pays, sans illusions certes. Quel juge placé dans cette situation n’eût été soulagé de pouvoir y répondre par l’inévitable et fameuse esquive : « Je n’y peux rien, je ne peux qu’appliquer la loi ».

Discours repris par une Rachida Dati impatiente de s’en laver les mains elle aussi, et entériné par un Président qu’on avait connu plus audacieux en temps de campagne électorale. Il avait tenu alors un autre discours, mais s’était vite ravisé sous l’influence d’une « rivale ralliée », bigote de grande envergure qu’il s’agissait alors de ne pas contrarier et qui, aujourd'hui ministre, se répand en insultes ad hominem dès qu’on prononce le mot tabou : euthanasie.

Ce qui s’est passé aujourd'hui est assez ignoble. On a rejeté Chantal Sébire, on a refusé de l’écouter, on s’en est lavé les mains ! Mais la mort, ça ébranle un peu, tout de même. Et puis l’opinion publique en a été touchée, et il ne faut pas fâcher l’opinion publique. Alors, les mêmes qui, hier, ne manifestaient qu’une froide insensibilité, tournent en partie leur veste. La loi Léonetti, parfaite hier aux yeux de Madame Dati, devrait ce matin être « aménagée ». Le chœur des hypocrites lui emboîte le pas. On annonce à l’Elysée la création d’une commission dont les conclusions, demain, seront aussi vite bafouées, sans doute, que celles de la commission Attali.

Cela signifie-t-il que notre pays si avancé, demain, ne sera plus en retard sur la Belgique ou sur la Suisse ? On peut en rêver mais quand on sait que même la très insuffisante loi Léonetti est encore loin d’être appliquée, on peut également en douter.

C’est pourquoi le sacrifice de Chantal Sébire prend tout son sens. En accord avec ses proches et avec son médecin, elle a défié l’institution judiciaire qui cherche en vain des preuves, des indices, mais ne trouve et ne trouvera rien. Car en l’état actuel de notre législation, quiconque l’aurait aidée, quiconque lui aurait porté secours, serait demain sur les bancs des tribunaux. Elle n’a pas voulu cela, elle a mis les « autorités » au pied du mur, elle les a vaincues.

Ce faisant, elle a souligné d’une manière aveuglante les lacunes de notre système. Une loi boiteuse, un corps médical majoritairement conservateur, des groupes de pression religieux, un personnel politique réticent à tout engagement grave… Et tout cela continue de fonctionner tant bien que mal. Sauf quand survient hier un Vincent Humbert, aujourd'hui une Chantal Sébire. Alors, il va devenir impossible de s’en laver les mains avec des discours lénifiants. Un Nicolas Sarkozy, qui a réagi exactement à l’instar d’un Jacques Chirac, ni plus ni moins, va être contraint de prendre parti, et après lui le législateur. Ils auront des comptes à nous rendre. Ils devront enfin adopter, ce qui leur fait horreur, une position claire. Alors, nous saurons que nous le devrons en grande partie à Chantal Sébire et à ses compagnons d’infortune.

Gérard Lenne

Délégué 10ème ardt

29.02.2008

Le Choix de Jean


 
Nous diffusons en intégralité le documentaire "Le Choix de Jean" diffusé il y a quelques semaines sur France 2.
Durée 1h03mn.

28.02.2008

Ce jeudi matin, sur RTL

1923042428.jpgRetrouvez le témoignage de Chantal Sébire, en direct sur RTL, ce jeudi à 8 h15, ainsi que la réaction de Jean-Luc Romero à 12 h 45.

http://www.rtl.fr/fiche/56002/defiguree-par-une-tumeur-el...

26.02.2008

Chantal Sébire : Témoignage d'une mère qui veut abréger ses souffrances

 
 

Télécharger le communiqué de l'ADMD sur Chantal Sébire en format pdf : CP - Chantal - 26 02 08.pdf

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