29.04.2008

Lettre de Jean-Luc Romero à Jean Léonetti au sujet de la mission d'évaluation de la Loi Léonetti

1500833707.jpgLe Président,

Objet : Mission d’évaluation

 

Paris, le 28 avril 2008

Monsieur le Député,

Vous avez été chargé par le Premier ministre d’une mission d’évaluation de la loi n°2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie.

Vous savez naturellement combien les Françaises et les Français attendent une évolution de la loi actuelle afin de répondre à l’ensemble des parcours de fin de vie en tenant compte du choix individuel, dans un esprit républicain et laïque.

Le rapport que vous remettrez à l’issue de vos travaux sera apprécié non seulement au regard de ses conclusions, mais également de la pluralité des personnes auditionnées.

A cet égard, monsieur le Député, pourriez-vous me communiquer le calendrier de vos travaux et la liste des personnes reçues et à recevoir ?

Je vous prie de croire, monsieur le Député, à l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

 

Jean-Luc Romero

Directeur de la World Federation of Right to Die Societies

Docteur Jean Léonetti

Député des Alpes-Maritimes

Maire d’Antibes

Assemblée Nationale

126, rue de l’Université

75355 Paris cedex 07 SP

Télécharger la Lettre en format pdf : Lettre Leonetti 28-04-08.pdf

23.04.2008

Lettre d'adhérents au sénateur Gérard Deriot

655724164.jpgNous reproduisons avec l'aimable autorisation des auteurs, André et Colette Weiss, adhérents de l'ADMD, et que nous remercions, un courrier qu'ils ont envoyé au sénateur de l'Allier, Gérard Deriot, suite à ses propos tenus lors du débat sur la fin de vie au Sénat le 8 avril dernier.

 

Monsieur Gérard DÉRIOT

Sénateur de l’Allier

Palais du Luxembourg

26 rue de Vaugirard

75291 Paris Cedex 06

 

Objet : Votre intervention au Sénat lors du débat sur la fin de vie.

 

Monsieur le Sénateur,

 

Nous sommes membres de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) et à ce titre nous suivons toujours très attentivement les évènements et les débats qui se rapportent à la " Fin de Vie ".

Nous avons donc suivi avec intérêt le débat au Sénat sur ce thème et nous avons été très surpris et choqués par certains de vos propos, propos émanant d’un élu de la République. Nous vous citons :

En 2005, le Parlement a pris le parti de ne pas modifier le code pénal et de confirmer l’interdit de tuer, dont le respect constitue le fondement de notre société et qui demeure la règle absolue des trois grandes religions monothéistes. Avec … …  ".

Monsieur le Sénateur, nous nous permettons de vous faire remarquer que nous sommes dans une République Laïque et que, à ce titre, aucune des " trois grandes religions monothéistes " ne peut dicter une règle qui, par une loi, s’imposerait à Tous.

Par ailleurs cette règle : l’interdit de tuer " des " trois grandes religions monothéistes " n’aurait une valeur que si cet interdit de tuer " s’appliquait partout et en toute circonstance. C'est-à-dire si les " trois grandes religions monothéistes " s’opposaient à la guerre, à toutes les guerres, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

Nous souhaiterions, quant à nous, que, lors de votre prochaine intervention sur le sujet, vous ayez en mémoire le fait que vous vous opposez à la demande d’une personne qui demande à mourir à cause de ses souffrances, mais que vous acceptez, en approuvant une guerre, d’envoyer à la tuerie des jeunes en pleine santé qui ne demandent qu’a vivre.

Recevez, Monsieur le Sénateur, nos respectueuses salutations humanistes et laïques.

 

Copie : Monsieur Jean-Luc Roméro, Président de l’ADMD.

21.04.2008

Jean-Luc Romero et Stone dans "Vivement Dimanche"


Retrouvez dans notre album photo, des photos de cette émisison.

19.04.2008

La chanteuse Stone, déléguée du 2ème ardt de Paris et Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, seront sur le plateau de "Vivement Dimanche", dimanche 20 avril à partir de 14h sur France 2

1462345605.jpgLa chanteuse Stone, nouvelle déléguée pour le 2ème ardt de Paris, sera l’invitée de Michel Drucker, dimanche 20 avril à partir de 14 heures dans l'émission "Vivement Dimanche" sur France 2. Elle a souhaité que soit évoqué le combat que mène l’ADMD, et a demandé à Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, d’être présent à ses côtés.

17.04.2008

Interview vidéo de Jean-Luc Romero à Lyon Capitale

Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, de passage à Lyon pour une réunion publique de l'ADMD organisée par Hubert Sapin, délégué du Rhône, vendredi 11 avril dernier, a donné une interview pour le site Internet du magazine Lyon Capitale. Cette interview que vous retrouvez ci-dessous peut aussi être vue sur le site de l'hebdo lyonnais en cliquant ici.

15.04.2008

Débat Laurent Fabius/Jean-Luc Romero sur l’euthanasie le 16 avril à Paris

1269841421.JPGLa députée de Paris, Sandrine Mazetier, organise dans le cadre de ces assemblées citoyennes, un débat avec l’ancien Premier ministre Laurent Fabius et Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, sur le thème « Faut-il un droit à mourir ? », le mercredi 16 avril à 19 heures au Théâtre 12 – 6-8 avenue Maurice Ravel dans le 12ème ardt de Paris – métro Porte de Vincennes. Ce débat est ouvert à tous.
Télécharger l'invitation en pdf : Débat 16-04-08.pdf

14.04.2008

Témoignage de Jacqueline Jencquel, déléguée nationale de l’ADMD

190390359.2.jpgAprès avoir lu le débat au Sénat, la réaction de notre ministre de la Santé me choque et m’émeut d’autant plus que les appels au secours se font de plus en plus nombreux dans notre pays. Je voudrais donc raconter ce qu j’ai pu vivre personnellement en Suisse.

Elke Baezner, présidente de la Right to Die Europe et membre actif de Exit Suisse Romande m’appelle un jour à Paris et me demande si j’aimerais assister à un accompagnement en Suisse. Je n’ai pas hésité et deux jours plus tard j’étais dans le TGV direction Genève.

Elke vient me chercher à la gare et nous allons dans l’appartement de Monsieur S.G dans le centre de Genève. Ses amis nous ouvrent. Ils sont 4 à avoir été invités à partager les derniers moments de Monsieur SG qui arrive en ambulance depuis l’unité de soins palliatifs dans laquelle il a passé ses derniers mois. Il est atteint d’un glioblastome fronto-pariétal droit (cancer du cerveau) avec un pronostic fatal. Il a perdu l’équilibre, n’arrive plus à marcher tout seul et son côté gauche est paralysé, ce qui le rend complètement dépendant pour effectuer ses tâches quotidiennes comme se déshabiller et aller aux toilettes… Il a 69 ans, des yeux très bleus et un sourire magnifique .Ses amis l’aident à s’installer dans un fauteuil, son médecin traitant est présent. Il demande à boire un verre de porto avec nous et nous bavardons. Il me demande si je fais partie d’Exit et je lui réponds que je viens de France, de l’ADMD et que nous n’avons pas encore la possibilité de partir en douceur dans notre pays… Il me sourit et me dit. "je vous aiderai une fois que je serai là-haut".

Elke Baezner lui dit : "Vous savez ce qui va se passer. Vous allez mourir .. Est-ce toujours ce que vous voulez ?" Sans une seconde d’hésitation il répond " oui ". Donc elle lui donne un anti-émétique et nous attendons une demi-heure en bavardant avec lui. Puis Elke va à la cuisine et je l’accompagne, elle dilue la poudre (sodium de pentobarbital) avec un peu d’eau et puis elle revient dans le salon dans lequel est placé un lit. Nous accompagnons monsieur SG vers le lit et nous l’ entourons pendant qu’il boit. Puis il sourit de nouveau et dit : "c’est moins amer que je pensais" puis il baille, s’allonge et ferme les yeux. Deux minutes après, il est mort.

Elke appelle la police et le médecin légiste qui signent le "Nihil obstat" c'est à dire le permis d'incinérer...

Nous restons un moment avec ses amis qui sont tristes, bien sûr… La mort d’un proche est forcément triste, mais lui est parti tranquillement, un sourire aux lèvres…

En France, il aurait fallu qu’il sombre dans une déchéance totale avant de pouvoir partir.

Quelle raison pouvons nous invoquer pour justifier une telle différence de comportement devant la mort ? Sommes nous aveugles, sourds, idiots ou tout simplement trop paresseux pour réfléchir pour de bon à la fin, à notre fin, à la fin inéluctable de chaque être humain ? Si une mort douce est possible, pourquoi ne pas la permettre ? Ceux qui préfèrent souffrir une longue agonie ont le droit de le faire, mais les autres ? La grande majorité d’entre nous n’a pas du tout envie de souffrir. Alors ? Pourquoi ce calvaire imposé à Vincent, Chantal, la famille Pierra ?

De quel droit osons-nous décider pour les autres ? Chacun de nous est seul juge du seuil de souffrance qu’il veut ou ne veut pas dépasser. Soyons honnêtes envers nous-mêmes et cessons d’imposer des vérités aux autres auxquelles nous ne faisons que semblant d’adhérer nous-mêmes.

Jacqueline Jencquel
Déléguée nationale de l’ADMD France

05.04.2008

Jean-Luc Romero débattra de l'euthanasie avec Bernard Debré sur la chaîne francilienne IDF1, samedi 5 avril à 13h30

1605383284.jpgJean-Luc Romero, président de l'ADMD, débattra avec le professeur Bernard Debré, député de Paris, sur l’euthanasie dans l’émission politique de la nouvelle chaîne francilienne de la TNT, IDF1.
Ce débat se déroulera dans la deuxième partie de l’émission qui est diffusée ce samedi de 13h30 à 14h30 ce samedi et est animée par Michèle Cotta. Vous pouvez retrouver cette chaîne sur la TNT en Ile-de-France (canal 22), Noos/Numéricable (canal 17),  et également sur son site web
en cliquant ici.

02.04.2008

Chantal et les Pilates : Texte de Gérard Lenne, délégué du 10ème ardt de Paris

2093874916.jpgLe cas de Chantal Sébire est en tout point exemplaire. Voici une femme qui a voulu faire de sa mort un symbole, qui a bravé toutes les hypocrisies. Bien sûr, elle aurait pu faire le voyage en Suisse, le même que faisaient jadis celles qui, hors la loi, avaient décidé d’avorter. Tous les Ponce Pilate en eussent été ravis, l’institution judiciaire autant que le corps médical, la Garde des Sceaux comme le Président de la République.

Chantal Sébire a refusé cette facilité. Elle est allée devant la justice de son pays, sans illusions certes. Quel juge placé dans cette situation n’eût été soulagé de pouvoir y répondre par l’inévitable et fameuse esquive : « Je n’y peux rien, je ne peux qu’appliquer la loi ».

Discours repris par une Rachida Dati impatiente de s’en laver les mains elle aussi, et entériné par un Président qu’on avait connu plus audacieux en temps de campagne électorale. Il avait tenu alors un autre discours, mais s’était vite ravisé sous l’influence d’une « rivale ralliée », bigote de grande envergure qu’il s’agissait alors de ne pas contrarier et qui, aujourd'hui ministre, se répand en insultes ad hominem dès qu’on prononce le mot tabou : euthanasie.

Ce qui s’est passé aujourd'hui est assez ignoble. On a rejeté Chantal Sébire, on a refusé de l’écouter, on s’en est lavé les mains ! Mais la mort, ça ébranle un peu, tout de même. Et puis l’opinion publique en a été touchée, et il ne faut pas fâcher l’opinion publique. Alors, les mêmes qui, hier, ne manifestaient qu’une froide insensibilité, tournent en partie leur veste. La loi Léonetti, parfaite hier aux yeux de Madame Dati, devrait ce matin être « aménagée ». Le chœur des hypocrites lui emboîte le pas. On annonce à l’Elysée la création d’une commission dont les conclusions, demain, seront aussi vite bafouées, sans doute, que celles de la commission Attali.

Cela signifie-t-il que notre pays si avancé, demain, ne sera plus en retard sur la Belgique ou sur la Suisse ? On peut en rêver mais quand on sait que même la très insuffisante loi Léonetti est encore loin d’être appliquée, on peut également en douter.

C’est pourquoi le sacrifice de Chantal Sébire prend tout son sens. En accord avec ses proches et avec son médecin, elle a défié l’institution judiciaire qui cherche en vain des preuves, des indices, mais ne trouve et ne trouvera rien. Car en l’état actuel de notre législation, quiconque l’aurait aidée, quiconque lui aurait porté secours, serait demain sur les bancs des tribunaux. Elle n’a pas voulu cela, elle a mis les « autorités » au pied du mur, elle les a vaincues.

Ce faisant, elle a souligné d’une manière aveuglante les lacunes de notre système. Une loi boiteuse, un corps médical majoritairement conservateur, des groupes de pression religieux, un personnel politique réticent à tout engagement grave… Et tout cela continue de fonctionner tant bien que mal. Sauf quand survient hier un Vincent Humbert, aujourd'hui une Chantal Sébire. Alors, il va devenir impossible de s’en laver les mains avec des discours lénifiants. Un Nicolas Sarkozy, qui a réagi exactement à l’instar d’un Jacques Chirac, ni plus ni moins, va être contraint de prendre parti, et après lui le législateur. Ils auront des comptes à nous rendre. Ils devront enfin adopter, ce qui leur fait horreur, une position claire. Alors, nous saurons que nous le devrons en grande partie à Chantal Sébire et à ses compagnons d’infortune.

Gérard Lenne

Délégué 10ème ardt

27.03.2008

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